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Le Moyen Age – Documentaire histoire France

Un documentaire passionnant sur la vie dans le Forez  au moyen-âge…

Docteur ès lettres, ingénieur au CNRS, élève de Marc Bloch et de Lucien Febvre, la médiéviste Marguerite Gonon fut de l’école des Annales, pour qui l’histoire est celle des gens du peuple et des jours ordinaires. Ses travaux d’historienne ont pour cadre la province de son Forez natal. Dans ce film elle nous entraîne dans la nuit magique des monastères bénédictins, sur les traces de ceux qui ont défriché la terre, creusé les étangs, bâti les chapelles romanes. Elle nous livre une mine d’informations sur la vie quotidienne, les moeurs, les relations sociales, découvertes qui remettent en question la vision simpliste que nous avions de la société médiévale. Lorsqu’elle descend au fond des cryptes romanes, sa connaissance de l’histoire s’efface devant l’émotion que suscite en elle la mémoire de cette époque où le sacré maintenait les êtres dans la communauté.

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Février 1956: un objet non identifié sur le radar de l’aéroport d’Orly

Dans la nuit du 17 au 18 février 1956, à 22:50 heures très précisément, apparaissait sur le radar de l’aéroport d’Orly en région parisienne un écho correspondant à un objet d’une taille bien supérieure à celle des plus gros avions de cette époque puisqu’elle était de l’ordre du double. Aucun avion n’était supposé se trouver là à cette heure précise.

Ça fait déjà deux choses qui sont anormales. Mais ça ne s’arrête pas à ces constatations. L’évolution de l’objet inconnu était très déroutante aux yeux des aiguilleurs du ciel en poste ce jour. En effet, la vitesse de l’écho radar capté était estimée à 2500 km/h. Mais la vitesse pouvait varier de l’immobilité totale à une vitesse de 2500 km/h en quelques secondes. Aucun avion connu ne pouvait réaliser de telles prouesses de vol.

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L’observation

Tout le monde se souvient encore de cet hiver 56 qui fut terriblement froid. Cette nuit là, la météo était claire, sans nuage et sans averse. On pouvait donc difficilement mettre cette apparition sur le dos d’un phénomène météo quelconque. C’est alors qu’un second objet fut détecté sur les radars de la tour de contrôle. Mais celui-ci était parfaitement identifié puisqu’il s’agissait d’un DC-3 d’Air-France en provenance de Londres avec ses passagers. L’objet non identifié se trouvait alors stationnaire. Il se met subitement à se déplacer à une très grande vitesse, fonçant droit vers le DC-3. Les contrôleurs pensent immédiatement au risque possible d’une collision en vol et ils contactent sans attendre le poste de pilotage du Douglas pour l’en informer.

Le pilote répond à l’appel de la Tour de Contrôle d’Orly en indiquant qu’il perçoit une lumière rouge clignotante fonçant droit vers lui. Il réussit à communiquer les coordonnées de l’objet qui se trouvait alors à la verticale des Mureaux. Ces coordonnées étaient parfaitement en phase avec les observations effectuées sur les radars. Le pilote de l’appareil effectue une manœuvre pour éviter de justesse la collision. Il déclare ensuite que l’objet lumineux avait disparu de son champ de vision.

Les radars ne l’ont pourtant pas perdu et le repèrent du côté du Bourget. Le co-pilote du DC-3 regarde dans la direction indiquée et aperçoit effectivement la mystérieuse lumière rouge. Mais pas seulement une lumière…

L’objet lui-même est observé distinctement par le co-pilote de l’avion. Il est sombre et gigantesque. L’observation est réalisée pendant au moins trente secondes avant que l’objet ne disparaisse subitement. Le co-pilote n’est pas le seul à l’avoir vu, son pilote l’ayant observé lui aussi.

Le cauchemar

On pourrait penser que l’affaire se termine là mais en réalité elle ne faisait que commencer et elle transforma la nuit des aiguilleurs du ciel en véritable cauchemar.

En effet, l’apparition inconnue se manifesta de nouveau pendant environ trois heures. Plusieurs autres équipages aperçurent également la lumière rouge clignotante et certains ont vu l’objet. Plusieurs affirment que l’appareil ne portait aucune des lumières de navigation réglementaires.

L’objet non identifié se déplaçait autour des avions en atterrissage ou en décollage à des vitesses vertigineuses. Beaucoup de pilotes furent effrayés et ce n’est que leur expérience de vol qui évita des accidents pouvant aller jusqu’au crash d’un avion transportant des passagers.

L’enquête

Certains détails supplémentaires ont été apportés au cours de l’enquête.

a) l’objet semblait « connaitre » la position des radio-balises car il se déplaçait souvent de l’une à l’autre à des vitesses folles pouvant atteindre 3600 km/h.

b) l’objet semblait « connaitre » les limites du radar. En effet, quand aucun avion régulier n’était sur le radar, la lumière mystérieuse sortait du champ couvert par le radar. Elle en sortait par le haut. Et elle revenait aussitôt qu’un avion pénétrait dans le champ du radar pour foncer sur lui.

c) A un moment, les opérateurs d’Orly appelèrent leurs homologues du Bourget pour leur demander s’il voyaient la même chose sur leurs radars. Aussitôt, le radar d’Orly fut brouillé par une étrange interférence qui poussa les opérateurs à modifier leur fréquence. Mais au bout de quelques secondes les interférences puissantes apparaissent sur la nouvelle fréquence. Tout se passait comme si l’objet avait intercepté et décodé la communication entre Orly et Le Bourget, avait compris le changement de fréquence et avait lui même changé sa fréquence de brouillage. Quant aux opérateurs du Bourget il ne pouvaient avoir vu la chose sur leurs écrans radar car le leur était en panne ce jour là.

Les scientifiques avaient en main tous les éléments nécessaires pour mener une véritable enquête. Mais l’enquêteur de l’Observatoire de Paris s’est contenté de résoudre l’affaire avec l’argument passe-partout bien connu pour un tel cas : le ballon météo !

Un ballon sonde peut-il réellement se déplacer à près de trois fois la vitesse du son ? Un ballon sonde peut-il suivre des avions de ligne, brouiller des radars, et être plus volumineux que tous les appareils existants ?

L’émission Affaires sensibles revient sur cette apparition et c’est par que ça se passe…
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Raspoutine – Meurtre à Saint-Pétersbourg

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Né en 1869 dans une famille de modestes paysans sibériens, Raspoutine se fait au fil des années une réputation de mystique, de devin et de guérisseur. En 1907, il entre à la cour du tsar Nicolas II et de son épouse Alexandra. Peu à peu, il gagne en influence avant d’être assassiné en 1916, victime d’un complot. Le document revient sur la réputation sulfureuse du personnage avec, notamment, les témoignages d’historiens ayant travaillé récemment sur le sujet.

Ce soir 20H50 sur ARTE

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Projecteur sur l’ordalie

Si tout comme moi vous avez été interpellé par les ordalies dans Game of Thrones, alors lisez la suite…

L’ordalie, qui tire son origine étymologique d’un terme germanique « urthel » ou « urtheil », signifie jugement de Dieu.

L’ordalie désignait, principalement au Moyen Âge, une procédure judiciaire plutôt étrange. L’autorité judiciaire ne faisait pas appel à des preuves établies, mais à des forces supérieures pour conclure à la culpabilité ou l’innocence d’un suspect.

L’ordalie faisait donc appel à Dieu pour décider si un homme était coupable ou non. Le verdict du Jugement de Dieu servait de procès et était sans appel.

L’origine de l’Ordalie

Ce jugement très spécial était déjà présent dans l’Antiquité babylonienne, égyptienne, grecque et romaine.
Cependant, l’ordalie a surtout été pratiquée du Ve au XIIIe siècle en Occident.

Cette procédure s’est répandue en Occident après les invasions du Ve siècle. On considère qu’il s’agit d’une pratique germanique christianisée sur le tard.
Avant cette période, les origines se perdent et l’on ne sait pas d’où provenait exactement cet arbitrage surnaturel.

On sait par contre que l’ordalie a été légitimée par les autorités séculières dès le VIIe siècle. Elle est alors utilisée à l’encontre des laïques et des clercs devant les tribunaux ecclésiastiques et à partir du XIe siècle devant les tribunaux séculiers.

Jugement de Dieu. Ordalie

Ordalie sous forme d’épreuve du feu (peinture de Ghirlandaio, Florence, église Santa Trinità)

La première mention d’ordalie apparaît dans la loi salique, ou loi des Francs, qui remonte à 510 environ.
Il s’agit de l’épreuve du chaudron, qui consiste à plonger une main dans l’eau bouillante.

Cependant, dès le IXe siècle, quelques évêques se sont élevés contre un principe qu’ils jugeaient superstitieux.
Malgré tout, la papauté a toléré l’ordalie pendant plusieurs siècles.

Qu’est-ce que l’ordalie ?

Cette procédure représente à la fois la preuve, le jugement, l’exécution et l’épreuve. Elle s’oppose à la preuve objective et se substitue à toute rationalité quand aucune preuve ne peut être établie.

On peut définir l’ordalie comme un arbitrage divin. Elle se fonde sur une idée très simple, voire simpliste : la divinité s’exprime à travers les éléments et elle ne peut favoriser un coupable.
Dieu étant supérieur aux hommes, il ne peut se tromper.

A l’époque, on considérait qu’un coupable préférait avouer sa faute plutôt que de subir l’épreuve.

La mort n’était pas toujours la sentence ultime. L’ordalie pouvait être cruelle ou inoffensive. Elle pouvait également être appliquée à un seul individu ou de manière collective, être passive ou active.

Les différentes formes de l’ordalie

Les ordalies les plus inoffensives concernaient  en général plusieurs personnes. L’ordalie de la croix opposait au minimum deux personnes. Chacun devait rester le plus longtemps possible les bras en croix. Le premier qui les baissait démontrait sa culpabilité.

Sous le règne de l’empereur Charlemagne (800-814) et de son fils Louis le Pieux, plusieurs formes d’ordalie se développent dont la plus importante est celle du feu.

Le prévenu saisit avec sa main un fer rouge. Si après le contact avec l’eau ou le métal brûlant, la main présente dans les trois jours qui suivent une belle cicatrisation, c’est que la personne est innocente.
Des plaies indiquent que la personne est coupable.

Duel judiciaire

Duel judiciaire (miniature du XVe siècle, Paris, Bibliothèque nationale de France)

Quelques variantes de cette épreuve existent : marcher sur des socs de charrues chauffés à blanc ou retirer d’un chaudron rempli d’eau bouillante un anneau ou une pierre.

Le jugement par l’eau froide était particulièrement utilisé au Moyen Âge. L’accusé était conduit en barque au milieu d’un plan d’eau ou une rivière puis jeté dans l’eau en étant lesté d’une grosse pierre.
Après un certain temps, on repêchait l’accusé. S’il avait survécu (ce qui n’arrivait jamais), c’est qu’il était innocent.
Le fait de remonter à la surface était considéré comme une preuve de culpabilité. Le fait de surnager prouvait  l’intervention du Diable.
D’une manière ou d’une autre, le suspect était condamné.

On comprend mieux pourquoi certaines personnes, coupables ou innocentes, préféraient avouer  plutôt que de subir ce jugement.

Le duel judiciaire est une autre forme de l’ordalie. Il a été pratiqué par les peuples germaniques dès le VIe siècle et n’a décliné qu’à partir du XIVe siècle.

Ordalie. Jugement de Dieu

Duel judiciaire opposant un homme à un animal (miniature du XIIIe siècle, Paris, bibliothèque de l’Arsenal)

Le duel entre le plaignant et le défenseur est une épreuve bilatérale qui se fonde uniquement sur l’intervention divine.
La mort est toujours la sentence du duel. Parfois, le duel judiciaire oppose un homme à un animal.
Celui qui meurt est tout simplement coupable. Celui qui gagne n’a plus qu’à remercier Dieu de lui avoir donné la victoire.
Parmi les duels très célèbres, citons le duel de Macaire et du chien de Montargis. Ce combat a opposé un assassin et le chien de sa victime et c’est l’animal qui remporta la victoire.

La fin du jugement de Dieu

C’est seulement en 1215 que le IVe concile de Latran interdit d’assortir les ordalies par l’eau et le fer de cérémonies religieuses.
L’Eglise refuse donc officiellement la preuve religieuse. L’ordalie disparut alors de la majorité des Etats d’Europe occidentale.
Mais, elle a ressurgi du XVe au XVIIe siècle pour les cas de sorcellerie.

Le duel judiciaire a perduré beaucoup plus longtemps car c’était un moyen pour la noblesse de démontrer son habileté aux armes.
Le dernier duel de cette sorte s’est officiellement déroulé en 1547.

V.Battaglia (16.10.2007)

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L’Occupation de la France (1815-1818 ) L’occupation oubliée ?

Le 18 juin 1815, Napoléon est défait à Waterloo.

La France est occupée par les troupes de la coalition 150 000 hommes en juin 1815, puis 1 250 000 deux mois plus tard ( voir la carte ci après )
LOUIS XVIII peut reprendre son trône, la monarchie a des comptes à régler, elle va s’y employer.
Les ultras royalistes se déchaînent contre les Bonapartistes et les anciens révolutionnaires, s’installe alors dans le pays la « terreur blanche ».
Exécutions et pillages ravagent les provinces sous les yeux des occupants qui d’ailleurs se payent au passage sur la « bête ».
Les Prussiens ne sont pas les derniers pour piller et incendier des villages dans les territoires qu’ils occupent.
Le Traité de Paris, du 2 août 1815 oblige La France a rembourser 700 millions de francs Or.
Elle doit payer en outre, l’entretien des forces d’occupation ( 130 millions par an ) sur Wikipedia on apprend que « C’est l’indemnité de guerre la plus élevée jamais payée par une nation, par rapport à son PIB, selon l’historien économiste François Crouzet. La France la paya intégralement »
La France lèvera auprès des 2 plus grandes Banques étrangères, les Banques Bahring de Londres et Hope d’Amsterdam ( A noter qu’une petite partie fut rétrocédée à la Banque française Rothschild ) un emprunt au taux de 52,6%.
Ainsi la dette de guerre s’éleva à plus 1,5 Mds ( en comparaison c’est plus que « l’horrible » dette que les alliés oseront réclamer à l’Allemagne après le Traité de Versailles, en 1919, ce dont on sait que l’Allemagne, elle ne s’en acquittera jamais.)
On nous bassine régulièrement avec l’occupation de la Ruhr par les troupes françaises et belges en janvier 1923 mais on ne nous parle jamais de l’occupation de 56 départements français de juin 1815 pendant 3 ans, jusqu’en 1818.
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En finir avec le mythe Churchill

En finir avec le mythe Churchill

Le cinquantenaire de la mort de Churchill (jan 1965) est l’occasion de rappeler quelques vérités qui feront tomber de son piédestal cette figure tutélaire. Avant de devenir l’icône de la résistance au nazisme, Winston Churchill a d’abord été un fervent défenseur de l’Empire britannique et un anti-bolchevique convaincu, un antisémite, mais aussi un malin.

En 1919, Winston Churchill alors Secrétaire d’État à la Guerre décide d’utiliser les grands moyens: « Les Arabes et les Kurdes savent maintenant ce que signifie un véritable bombardement. En 45 minutes nous sommes capables de raser un village et de tuer ou blesser un tiers de sa population. » Il poursuit : « Je ne comprends pas la sensiblerie par rapport à l’utilisation du gaz contre des tribus non civilisées ».

Winston Churchill présenta un Livre blanc en 1926, dans lequel le gouvernement britannique réaffirmait qu’il allait de créer un foyer nationale juif en Palestine (y compris sur des terres déjà habité). Sioniste le Churchill ? En tout cas antisémite en témoigne ses textes : « Il se peut en effet qu’involontairement, les juifs invitent à la persécution, qu’ils soient en partie responsables de l’hostilité dont ils souffrent ». Il serait facile d’attribuer l’hostilité aux Juifs à la méchanceté des persécuteurs, mais cela ne concorde pas avec tous les faits. Le fait central qui domine les relations entre Juif et non-Juif est que le Juif est ‘différent’”. “Il a l’air différent. Il pense différemment. Il a une tradition et un héritage culturel différents. Il refuse d’être assimilé”.

Après la bataille de Stalingrad, en 1943, qui s’était soldée par une défaite de la Wehrmacht, Churchill et Roosevelt se sont réunis le 20 août à Québec. A l’ordre du jour figurait le retrait éventuel des États-Unis et de la Grande-Bretagne de la coalition antihitlérienne et leur entrée en alliance avec les généraux nazis pour combattre ensemble l’Union soviétique. Difficilement te-nable cette position est finalement abandonnée, ils se contenteront de retarder l’ouverture le se-cond front en 1944. L’opération Unthinkable fut tout de même un projet britannique qui visait à attaquer l’Union soviétique à la fin de la Seconde Guerre mondiale. La création du plan a été or-donnée par Winston Churchill et mise au point par l’armée britannique. Toutefois, elle ne fut ja-mais mise en œuvre du fait de de l’importance des forces soviétiques déployées en Europe. Ces plans ne furent rendus publics qu’en 1998.

Octobre 1944, les nazis viennent tout juste de se retirer de Grèce qu’un corps expéditionnaire britannique installe à Athènes le gouvernement, sous tutelle d’un gouverneur militaire britannique, Ronald Scobie. Churchill demande au gouverneur militaire d’écraser la rébellion communiste qui reprend les armes car elle se rend compte que les collabos grecs (les mains encore sanguinolentes) sont toujours au pouvoir. Un centaine de milliers d’hommes sont détournés du front italien et du combat contre les nazis pour mater la résistance communiste. C’est le début de la guerre civile qui dura 4 ans et qui couta la vie à 150 000 individus.

Lors de son second passage au 10 downing street, il réprima la révolte Mau Mau au Kenya avec énergie (11 000 morts) ou alors n’hésita pas de bombarder à l’agent orange la Malaisie pour mater la rébellion. Tout cela pour conserver une partie d’empire. En fait il a bien résumé son action en déclarant : « nous sommes tous des assassins, mais l’important est d’être du côté des vainqueurs. » peut être pensez-t-il alors au bombardement de Dresde en février 1945 qu’il avait ordonné sans que la Venise de l’Elbe ne fut en rien stratégique, sinon qu’elle s’apprêtait à devenir est-allemande (120 000 morts)…

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L’histoire oubliée d’un lynchage de masse dans l’Arkansas

<a href="http://commons.wikimedia.org/wiki/Lynching#mediaviewer/File:Duluth-lynching-postcard.jpg">Duluth lynchings</a> via Wikimedia Commons

En 1919, lors d’un lynchage de masse, 237 Afro-Américains sont morts dans l’Arkansas, dans le comté de Phillips, rappelle The Daily Beast à la suite d’un rapport de l’Equal Justice Initiative. Jusqu’ici les chiffres estimés par la National Association for the Advancement of Colored People et le Bureau of Investigation donnaient un chiffre trois à près de dix fois moindre: entre 25 et 80 morts.

The Daily Beast raconte qu’excédés par l’exploitation dont ils étaient victimes, les métayers afro-américains avaient décidé de former un syndicat en Arkansas, le Progressive Farmers and Household Union of America. Une résistance à laquelle s’étaient opposés les propriétaires terriens blancs qui n’entendaient pas renoncer à exploiter les métayers et agriculteurs noirs. «Ils pensaient que leur prospérité en dépendait», raconte The Daily Beast.

Dans la nuit du 30 septembre 1919, ils interrompirent une réunion du syndicat, des échanges de coups de feu survinrent, l’un des propriétaires blancs fut mortellement blessé. Les syndicalistes se dispersèrent et s’organisèrent rapidement pour se défendre, s’attendant à des représailles de leurs attaquants. Et en effet, le sherif rallia des centaines de blancs qui partirent à la recherche des agriculteurs noirs, et en tuèrent 237.

Au-delà de l’Arkansas, l’Equal Justice Initiative, association de défense des droits des noirs américains, a recensé «3.959 Afro-Américains lynchés dans les 12 Etats du sud des Etats-Unis entre 1877 et 1950, soit 700 morts de plus que les chiffres habituellement cités», rapportait Claire Levenson le 11 février dans un article de Slate:

Pendant la période, aucun blanc n’a été condamné pour ces meurtres barbares, et des cartes postales avec photo des cadavres étaient vendues en tant que souvenirs après les exécutions.

L’année 1919 a été «particulièrement sanglante», note The Daily Beast. «En seulement cinq mois, de janvier à mai, plus de 20 lynchages ont tué deux douzaines d’Afro-Américains».