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La légende du piano à chats : le plus sadique des instruments

Dessin piano à chats

Le terrible instrument a-t-il vraiment existé au 16ème siècle ? Aurait-il vraiment servi à des médecins pour soigner leurs patients ? La légende du piano à chats garde sa part de mystère.

Que les âmes sensibles (ou les amoureux des chats) s’abstiennent de lire les lignes suivantes. Pour visualiser le piano à chats, imaginez une ligne d’une dizaine de chats, chacun placé dans une boîte. Les queues des animaux toutes coincées sous un clavier. Chaque fois qu’une touche est enfoncée, la queue du chat correspondant à la touche est frappée ou, dans le pire des cas, piquée par une aiguille. Ce mécanisme permettait de produire des sons de miaulements déchirés.

La première apparition de cet instrument de torture remonte au début du 16ème siècle. En 1596 la première image du piano (ou orgue) à chats apparaît, des centaines d’années avant l’invention du véritable piano. Le dessin est tiré du livre Emblemata saecularia: mira et iucunda varietate saeculi huius mores ita exprimentia ut sodalitatum symbolis écrit par Jean Théodore de Bry, graveur sur cuivre et éditeur allemand.

Un demi-siècle après la première apparition iconographique de cet instrument mystérieux, l’orgue à chats fait une forte impression dans le domaine thérapeutique. Une légende raconte qu’un prince italien a subitement été guéri en voyant l’image de ces chats « musiciens ».

Au début du 19ème siècle, un théoricien spécialisé dans la médecine, Johann Christian Reil, utilise le piano à chats dans un de ses traités psychologiques pour soigner les maladies mentales, notamment les formes de schizophrénies. Pour lui, l’instrument imaginaire (ou non) pouvait servir aux soignants : leur attention serait portée sur la curiosité (et la cruauté ?) de l’instrument et leur permettrait de retourner dans un monde réel.

« Une fugue jouée sur cet instrument – de manière à ce que la personne malade puisse voir les expressions des chats et leur jeu musical – peut faire passer [le patient] d’un état second à une pleine conscience. » Johann Christian Reil

D’autres traces du piano à chats ont été trouvées au fil des siècles mais aucune preuve tangible que l’instrument ait vraiment été confectionné et utilisé. Mais il a intrigué de nombreux chercheurs, comme le français LouisBertrand Castel, né au début du 18ème siècle. Ce savant scientifique évoque l’orgue à chats pour prouver sa théorie comme quoi ce qui importe dans la musique, c’est la combinaison des sons, pas les sons en eux-mêmes. Pour lui, le fait qu’un son puisse produire de la musique à partir d’une plainte de chat affirme sa théorie :

« Les sons en eux-mêmes ne produisent aucune beauté. La vraie beauté de la musique ne vient pas du son mais de la séquence mélodique et de la combinaison harmonique de tous les sons, multipliés et variés. »

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