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Theo Padnos: « Ce gars qui m’a torturé, j’ai son contact sur Skype »

 

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Tortures, tabassages, violences psychologiques: dans un entretien exclusif à la RTS, l’ancien otage Theo Padnos raconte son enfer dans les geôles de la branche syrienne d’Al-Qaïda. Il n’en garde pourtant aucune rancoeur.

Après 22 mois de captivité en Syrie, l’Américain Theo Padnos a été libéré le 24 août par le Front Al-Nosra, quelques jours après la décapitation de son compatriote James Foley par le groupe Etat islamique. Pour la première fois, il s’exprime dans un média non américain.

Les enregistrements ici…

Durant sa captivité, Theo Padnos a rédigé un roman en remplissant les pages de son agenda.

« La torture a commencé »

Il raconte tout d’abord comment il a été piégé par des militants islamistes alors qu’il était en Turquie, à la frontière avec la Syrie, en octobre 2012. Trois mois après son enlèvement, ses ravisseurs lui expliquent qu’il doit se préparer à « une exécution à la façon islamique ».

« J’ai pensé que c’était la fin », témoigne Theo Padnos. Mais l’un de ses geôliers, « trop occupé », s’est finalement ravisé. « Et le lendemain, la torture a commencé… », explique l’ancien otage.

« J’en ai marre du sommeil »

Theo Padnos raconte aussi sa libération, le 24 août 2014, après 22 mois de tabassages et de tortures. Remis à des représentants américains, il est emmené dans une chambre d’hôtel à Tel Aviv. « Cette cellule, elle est grande, elle est large », se dit le journaliste.

« Pendant trois jours, je ne voulais pas dormir. Même maintenant, je n’ai plus envie de dormir. J’ai dormi pendant deux ans en prison. J’en ai marre du sommeil ! », explique Theo Padnos.

Pas de rancoeur

Aujourd’hui, de retour aux Etats-Unis, l’ancien otage profite de sa liberté retrouvée. « Même le fait de boire un café, de me promener dans la rue, c’est génial. », affirme Theo Padnos.

Le journaliste n’en veut pas à ses geôliers. « Ceux qui m’ont torturé, ils n’avaient pas assez d’éducation pour savoir ce qu’ils faisaient », estime-t-il, révélant même avoir le contact de l’un de ses bourreaux sur Skype. Parfois, il essaie de le contacter.

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