Publié dans Cinéma

Le Don Quichotte de Terry Gilliam une nouvelle fois reporté

Jean Rochefort et Terry Gilliam sur le tournage de L’Homme qui tua Don Quichotte © Haut et Court

Quand s’arrêtera la malédiction ? Relancé sur des rails qu’on pensait solides, le Don Quichotte de Terry Gilliam, éternelle arlésienne du 7ème art et parangon des films maudits, a une fois de plus été reporté. En cause, le cancer du pancréas diagnostiqué il y a peu à l’acteur John Hurt, censé incarner le célèbre chevalier espagnol. Une triste nouvelle qui vient une fois de plus mettre des bâtons dans les roues d’un projet résolument impossible.

Tout commence à la fin des années 90 lorsque Terry Gilliam, désireux de porter le roman de Cervantés à l’écran, signe le scénario de  L’Homme qui tua Don Quichotte, adaptation libre de l’oeuvre originale avec Jean Rochefort dans le rôle titre et Jonnhy Depp dans celui de son acolyte venu des temps modernes. Le tournage débute en octobre 2000 à quelques encablures de Madrid, non loin d’une base militaire. Bien vite, les ingénieurs du son constatent que les avions de chasse qui traversent le ciel à longueur de journée parasitent les prises de son. Au deuxième jour du tournage, des pluies diluviennes s’abattent sur la région, rendant le plateau impraticable et causant d’importants dommages au matériel. Pire, les trombes d’eau qui tombent sans discontinuer finissent par verdir un décor censément désertique.

Ces déboires climatiques additionnés à la cadence infernale des prises de vue induite par la pollution sonore ont finalement raison de la santé de Jean Rochefort, qui se voit diagnostiqué une double hernie discale, annihilant les maigres espoirs qui subsistaient jusque-là. Le film ainsi avorté donnera néanmoins naissance à Lost in La Mancha, un documentaire fascinant qui revient sur le malheureux concours de circonstances ayant transformé un tournage a priori banal en un véritable enfer.

Suivront deux nouvelles tentatives. L’une en 2008 avec Robert Duvall et Ewan McGreggor, l’autre en 2011 avec le même Robert Duvall cette fois épaulé d’Owen Wilson. Mais les deux projets finissent par avorter, faute de financement.

L’ultime tentative, avec John Hurt, avait pour sa part réussi à lever les fonds nécessaires, et le tournage était d’ores et déjà prévu pour 2016. Mais le cancer du pancréas dépisté chez l’acteur remet fatalement le projet en question, ajoutant une nouvelle pierre à l’édifice des coups du sort. Le Times rapporte néanmoins que le cinéaste reste confiant,  John Hurt étant semble t-il sur le chemin de la guérison.

Jacques Brel – La quête

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