Publié dans Jeu

Un chasseur sachant chasser doit savoir chasser sans son chien…

Nigel Richards, un citoyen néo-zélandais âgé de 48 ans qui ne parle pas français, vient de remporter le championnat du monde de Scrabble francophone, organisé à Louvain-la-Neuve, en Belgique. « Il ne parle pas français du tout, il apprend juste les mots », explique son amie Liz Fagerlund sur Quartz. Champion à plusieurs reprises de Scrabble anglophone, pour remporter cette nouvelle épreuve face à 174 joueurs francophones de Scrabble, Nigel Richards aurait mémorisé pendant les deux mois précédents la compétition un dictionnaire français Larousse.

Dans Le Figaro, Yves Brenez, organisateur belge des championnats de Scrabble, explique que c’est la première fois qu’un joueur remporte le tournoi dans une langue qu’il ne manie pas. Nigel Richards est une machine de guerre pour qui les mots sont des combinaisons de lettres, explique Yves Brenez sur FranceTvInfo. Richards connaissait des scrabbles, des mots de 7 lettres ou plus, que certains joueurs ont mis dix ans à connaitre, précise Brenez.

Nigel Richards est connu dans le monde du Scrabble, il est classé numéro un mondial de la discipline en langue anglaise. Il a gagné les trois dernières éditions de la Coupe du Roi (11 au total), un des tournois mondiaux de Scrabble le plus importants organisé en Thaïlande et cinq éditions du championnat nord-américain. Nigel Richards est une force imparable, transculturelle et une menace multilingue, un virtuose du verbe et un génie des gérondifs, explique Quartz.

« Je ne suis pas sûr qu’il existe un secret. Il s’agit juste d’apprendre des mots », explique le champion dans une interview. Portant une longue barbe, coiffé d’une coupe au bol, cet ingénieur de formation aux grosses lunettes rétro possède une extraordinaire capacité de mémorisation visuelle. Richards s’est mis au Scrabble vers 28 ans sous les conseils de sa mère qui s’était rendu compte des dons de son fils lors de parties de cartes.

Parmi les plus belles réalisations de Richards lors de ce tournoi, Le Figaro cite les exemples suivants: le verbe « Quêter » conjugué à la première personne du pluriel de l’indicatif passé simple, « quêtâmes » ou encore le verbe « étiqueter » au même temps et à la même personnes, soit « étiquetâmes ». Le journaliste  Dzibz présent lors du championnat a également livré certaines des créations de Richards comme le verbe « miauler », l’adjectif « anatrope » qui signifie « ovule végétal entièrement renversé ou encore le subjonctif imparfait du verbe « énouer » (enlever des nœuds), « énouât ».

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