Publié dans Diplomatie

Il nous faudra bientôt marcher sur Kiev parce qu’il est là-bas le vrai ennemi !

Cette vidéo, sous ses airs de reportage, nous permet une immersion dans le quotidien de trois soldats des forces armées régulières ukrainiennes. Ils nous dépeignent leurs conditions de vie, partagent l’environnement immédiat qui est le leur quotidiennement, et nous font part, sans concessions, de leurs pensées vis-à-vis du conflit dans lequel ils se trouvent englués. Pensées qui débouchent sur des questions virulentes qu’ils adressent au président Porochenko, de manière frontale.

Il paraît important de préciser que le soldat à l’initiative de cette vidéo, Andrey Grachev, s’est vu sanctionné par la suspension de sa solde suite à la diffusion de ce reportage sur Internet, et qu’il a depuis posté sur son mur Facebook le message suivant :

« Je demande pardon à mes enfants et à ma femme bien-aimée. Je me bats maintenant sans salaire parce que j’ai filmé et posté cette vidéo. Les camarades qui sont sur la vidéo sont dans le même cas. Je ne comprends pas, nous avons peut-être fait une erreur. Et maintenant, nous devons nous battre gratuitement pour l’Ukraine et pour le président. Camarades, ne dites pas la vérité. Restez assis sans rien dire, gardez tout pour vous. Sinon, vous perdrez un mois de salaire comme nous. »

Il ne fait pas bon être soldat en Ukraine. A fortiori lorsque l’on se donne pour mission d’être un lanceur d’alerte et de sensibiliser sa population sur les réelles conditions de vie -et de lutte- que sont celles des forces engagées dans ce conflit.

Gageons que de plus en plus nombreux seront les soldats des forces ukrainiennes qui partageront le constat amer qui émerge de cette vidéo : «  Il nous faudra bientôt marcher sur Kiev parce qu’il est là-bas le vrai ennemi ! »

Gageons également qu’on ne retrouve dans cette vidéo aucun des militants nazis du parti « Svoboda », locomotive des manifestations qui firent franchir un cap décisif à la contestation ukrainienne, en occupant la mairie de la capitale, Kiev, puis qui débouchèrent sur le putsch qui permit à Porochenko d’accéder à la fonction présidentielle…

Kevin Amara

Publicités