Publié dans Société, Système D

Le premier IKEA de Corée du Sud pris d’assaut pour ses crayons gratuits

(photo flickr/Masanori Shimojo)

L’information remplit les pages des journaux coréens depuis une semaine et fait le buzz jusqu’au Japon : le premier magasin IKEA de Corée du Sud, ouvert il y seulement deux mois, est à court de crayons à papier. Laissés en libre service pour permettre aux clients de noter les références des produits qu’ils récupéreront dans les stocks avant de passer à la caisse, ils ont littéralement été pris d’assaut par la clientèle. Selon un blogueur coréen qui cite un employé d’IKEA, le magasin aurait écoulé en deux mois l’équivalent de deux années de crayons à papier d’un magasin implanté dans un autre pays.

Plusieurs raisons, toutes sans aucune réelle preuve fondée, ont été données à cette frénésie par les médias locaux et les blogueurs. Selon le Chosun Ilbo, un journal coréen, il semblerait que les crayons de l’enseigne suédoise soient particulièrement « tendance » dans le pays. D’après un blogueur, l’origine de la folie cleptomane qui a touché les coréens vient du fait que le pays raffole de tout ce qui est gratuit. « Allez faire un tour chez Costco (grande surface, ndlr) le dimanche, le magasin est plein à craquer parce que c’est le jour où ils proposent le plus d’échantillons gratuits de nourriture. Certains viennent même uniquement chez Costco pour ce “buffet gratuit” », peut-on lire sur le blog d’information Rocket News 24.

Quelles que soient les raisons obscures qui ont poussé les Coréens à remplir leurs poches de crayons, la polémique a pris de l’ampleur quand des petites annonces du type « Crayon à papier d’Europe du Nord, utilisé 5 fois environ, 3000 won » ont commencé à fleurir sur des sites de ventes d’objets d’occasion. Personne ne sait si des acheteurs ont réellement déboursé 2,40 euros pour s’offrir un crayon IKEA mais l’annonce en question a provoqué une vague de contestation sur les réseaux sociaux sud-coréens. Les « crevards des crayons », comme ils ont été surnommés, ont rapidement poussé certains blogueurs influents à déclarer qu’ils avaient honte d’être coréens.

Ce n’est pas la première fois que les crayons IKEA font parler d’eux. En 2010, l’artiste néerlandaise Judith Delleman a suscité l’intérêt des médias spécialisés en art après avoir réalisé une chaise en crayons IKEA. Plus de 500 exemplaires de l’objet le plus « volé » de l’enseigne suédoise ont été nécessaires. Même sur Facebook, près de 56 000 francophones revendiquent aimer « voler » le fameux crayon de 8,6 cm. Ne reste plus qu’à ce qu’un leader d’opinion s’empare du phénomène pour en faire un acte de protestation en faveur de la liberté d’expression et la polémique aura atteint son paroxysme. Quoiqu’il en soit, un responsable d’IKEA en Corée du Sud a déclaré que l’enseigne ne se souciait pas du nombre de crayons distribués, qu’il n’existait pas de quota et que jamais elle ne restreindrait leur utilisation.

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