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« J’étais au « Grand Journal » de Canal Plus : mon t-shirt Palestine, trop gênant ? »

Lundi, le journaliste indépendant Nadir Dendoune était invité au « Grand Journal » de Canal Plus, pour parler de son ascension de l’Everest. Il portait sa tenue du jour : jean et t-shirt siglé « Palestine ». Quelle ne fut pas sa surprise de constater le malaise que cela a produit. Malaise auquel a par la suite répondu le rédacteur en chef du Grand Journal.

Nadir Dendoune au Grand Journal de Canal Plus le 24 septembre 2012

C’est l’histoire d’une chaîne subversive. Tellement subversive qu’elle fut la première à avoir diffusé des films pornos. Une chaîne, briseuse de tabous, où tout est permis, où les animateurs débarquent sur les plateaux télé en jeans et en t-shirts, parfois même en tongs. Une chaîne qui invite à peu près tout le monde. A juste titre et toujours au nom de la liberté d’expression. Une liberté d’expression qui a tout de même ses limites dès qu’on prononce, qu’on chuchote même, le mot Palestine.

« Tenez, mettez cette veste »

Nous sommes lundi et je suis invité au « Grand Journal » de Canal Plus, une première et sans doute la dernière fois que j’y mets les pieds… Je suis invité pour parler de la mort de ses six Français disparus sur les pentes du Manaslu, huitième plus haut sommet du monde. J’ai été prévenu le jour même.

Dès le début, je sens la tension. Il y a les habitués de l’émission : Jean-Michel Aphatie, assis à ma gauche avec lequel je discute avant que le show ne débute, Michel Denisot, un peu plus loin. Daphné Bürki est en face de moi et elle me salue avec gentillesse. A sa gauche, le directeur du club alpin. Jean-François Copé se tient droit en face, légèrement sur ma gauche. Pas de sourire : son regard est froid.

L’émission commence. Je dois intervenir dans la deuxième partie de l’émission. Une fois la publicité lancée, deux assistants se ruent à mes côtés paniqués. La première : « Tenez, mettez cette veste ». Une fois la veste sur moi, son collègue se rend compte : « Ça ne sert à rien, on verra toujours le t-shirt. En plus, ça ne sera pas raccord avec le début de l’émission ». Ils repartent en stress.

Jean-Michel Apathie ne comprend pas. Jean-François Copé ressemble à quelqu’un qui vient de sortir d’un enterrement. Le show reprend.

C’est en regardant le replay de l’émission que je me rends compte que pendant toute mon intervention, les cadreurs, donc le réalisateur, n’ont proposé que des plans serrés sur moi, donc sans possibilité d’apercevoir le t-shirt en entier, ce qui ne fut pas le cas pour les autres invités, qui ont aussi été filmés en plan large.

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