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Jean-Claude Juncker : «Pas question de supprimer la dette grecque»

Jean-Claude Juncker

Le président de l’exécutif européen assure que « les membres de la zone euro n’accepteront pas » cette demande d’Athènes. Il presse aussi la France de faire des réformes structurelles, notamment du marché du travail.

Dans un entretien exclusif au Figaro, Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, affirme qu’«il n’est pas question de supprimer la dette grecque. Les autres pays de la zone euro ne l’accepteront pas».

Confronté à la nouvelle donne politique en Grèce, le chef de l’exécutif européen assure que «le point de départ, ce sont les règles fixées d’un commun accord, entre la Grèce et l’UE». Se déclarant cependant ouvert au dialogue, Jean-Claude Juncker raconte la conversation téléphonique qu’il a eue lundi avec Alexis Tsipras, le nouveau premier ministre grec: «Il m’a dit qu’il ne se voyait pas comme un danger, mais comme un défi pour l’Europe. Ce à quoi j’ai répondu que l’Europe n’est pas un danger pour la Grèce, mais un défi».

«Dire qu’un monde nouveau a vu le jour après le scrutin de dimanche n’est pas vrai», poursuit le patron de la Commission de Bruxelles. «Nous respectons le suffrage universel en Grèce, mais la Grèce doit aussi respecter les autres, les opinions publiques et les parlementaires du reste de l’Europe. Des arrangements sont possibles, mais ils n’altéreront pas fondamentalement ce qui est en place».

Rappelant qu’«on ne peut pas sortir de l’euro sans sortir de l’Union européenne», il affirme: «Nous voulons que la Grèce soit un acteur constructif dans l’euro et dans l’UE».

«La France sait ce qu’elle a à entreprendre. Elle doit soigneusement examiner les faiblesses de son droit du travail»

Évoquant la loi Macron actuellement en discussion à l’Assemblée nationale, le président de la Commission dit avoir «l’impression que le pays est en train de bouger.» Mais il ajoute: «Nous voudrions voir la France renforcer ses réformes, en nombre comme en intensité. (Elle) souffre d’un manque de réformes structurelles, de réformes qui portent sur l’essentiel. La France sait ce qu’elle a à entreprendre. Elle doit soigneusement examiner les faiblesses de son droit du travail.»

Il n’exclut pas des sanctions contre Paris si le programme de réduction du déficit budgétaire n’est pas respecté: «Il n’y a pas d’autre remèdes que de la consolidation budgétaire. Les sanctions font partie de l’arsenal. Ce n’est pas la peine d’en agiter la menace en permanence. (…) Mais au bout du compte, un pays ne peut pas échapper aux sanctions s’il ne respecte pas les règles.»

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